Anticoagulants et anti-agrégants : de quoi parle-t-on
On regroupe souvent sous le mot anticoagulant des médicaments qui n’ont pas tous le même mode d’action. Les anti-agrégants plaquettaires, comme l’aspirine à faible dose ou le clopidogrel, empêchent les plaquettes de se coller entre elles. Les anticoagulants proprement dits, comme les antivitamines K ou les anticoagulants oraux directs, ralentissent la formation du caillot. Dans les deux cas, le sang met plus de temps à s’arrêter quand un petit vaisseau est touché par l’aiguille, ce qui est fréquent et bénin lors d’une injection.Injections d’acide hyaluronique sous anticoagulant : quel est le risque
Le risque principal n’est pas grave, mais il est visible : ce sont les ecchymoses, c’est à dire les bleus, et les petits hématomes. Une injection traverse la peau et peut effleurer un capillaire. Chez une personne dont le sang coagule normalement, le saignement s’arrête vite. Sous anticoagulant ou anti-agrégant, il peut se prolonger un peu et former un bleu plus large ou plus durable. Ces bleus sont sans danger et disparaissent seuls, mais ils peuvent gêner sur une zone visible comme les lèvres, les cernes ou le contour du visage.Faut-il arrêter son traitement avant une injection ?
C’est le point le plus important de cet article : on n’arrête jamais soi-même un anticoagulant pour une raison esthétique. Ces traitements protègent d’accidents sérieux comme les phlébites, les embolies ou les accidents vasculaires. Le confort d’éviter un bleu ne justifie jamais de prendre ce risque. La bonne démarche consiste à signaler son traitement au médecin injecteur lors du bilan. C’est lui, en lien avec le médecin qui a prescrit l’anticoagulant si besoin, qui décide s’il y a une adaptation possible et sûre, ou si l’on maintient simplement le traitement en acceptant un risque de bleu un peu plus élevé.Les compléments et médicaments qui augmentent les bleus
Au delà des anticoagulants prescrits, d’autres substances fluidifient le sang sans qu’on y pense. C’est le cas de certains anti-inflammatoires, mais aussi de compléments courants comme le ginkgo, l’ail en gélules, le curcuma à forte dose, la vitamine E ou les oméga 3. L’alcool la veille joue aussi. Il est utile de les mentionner au médecin, car leur effet s’ajoute à celui d’un éventuel traitement de fond. Ce sont d’ailleurs souvent des produits qu’on peut suspendre quelques jours, contrairement aux anticoagulants, mais toujours après avis médical.Comment limiter les ecchymoses avant et après
Plusieurs gestes simples réduisent la fréquence et la taille des bleus. Avant l’injection, on évite l’alcool et les compléments qui fluidifient le sang dans les jours qui précèdent, quand le médecin l’a validé. Le jour même, une technique d’injection soigneuse et l’usage éventuel d’une canule plutôt qu’une aiguille sur certaines zones limitent les traumatismes. Après, l’application de froid, le fait de garder la tête surélevée la première nuit et d’éviter le sport intense pendant vingt-quatre à quarante-huit heures aident la peau à récupérer. Le maquillage correcteur permet de camoufler un bleu résiduel le temps qu’il s’estompe.Qui doit être particulièrement prudent
La prudence est renforcée chez les personnes qui cumulent plusieurs facteurs : un anticoagulant, un anti-inflammatoire régulier et des compléments fluidifiants. Elle l’est aussi en cas de trouble connu de la coagulation. Dans ces situations, le bilan préalable de médecine esthétique à Rouen prend tout son sens : il permet de choisir le bon moment, la bonne zone et la bonne technique, et parfois de reporter une séance non urgente. L’objectif n’est pas de refuser l’injection, mais de la réaliser dans les meilleures conditions de sécurité et de résultat.FAQ : acide hyaluronique et anticoagulants
Peut-on faire de l’acide hyaluronique si on prend un anticoagulant ?
Oui, c’est le plus souvent possible. Le traitement n’interdit pas l’injection, il augmente surtout le risque de bleus. L’essentiel est de le signaler au médecin lors du bilan pour adapter la technique et le suivi.
Faut-il arrêter l’aspirine avant une injection d’acide hyaluronique ?
Jamais de sa propre initiative. Si l’aspirine est prescrite pour protéger le cœur ou les vaisseaux, on ne l’arrête pas pour une injection esthétique. Seul le médecin peut décider d’une éventuelle adaptation, en lien avec le prescripteur.
Les injections font-elles plus de bleus sous anticoagulant ?
Oui, le risque d’ecchymoses et de petits hématomes est plus élevé, car un capillaire touché saigne un peu plus longtemps. Ces bleus restent bénins et disparaissent seuls en quelques jours.
Combien de temps durent les ecchymoses après une injection ?
En général de quelques jours à une semaine ou deux. Le froid, une tête surélevée la première nuit et l’arrêt du sport intense pendant un à deux jours accélèrent la disparition. Le maquillage correcteur permet de les camoufler.
Quels compléments alimentaires éviter avant une injection ?
Ceux qui fluidifient le sang : ginkgo, ail en gélules, curcuma à forte dose, vitamine E, oméga 3. On peut souvent les suspendre quelques jours avant, mais après avis médical, contrairement aux anticoagulants prescrits.
L’acide hyaluronique est-il dangereux sous anticoagulant ?
Le produit lui même n’est pas plus dangereux. Le seul point de vigilance est le saignement au point d’injection, qui se traduit par des bleus. Avec un bilan préalable et une technique adaptée, l’injection se déroule dans de bonnes conditions.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Signorini M, Liew S, Sundaram H, et al. Global Aesthetics Consensus: Avoidance and Management of Complications from Hyaluronic Acid Fillers. Plastic and Reconstructive Surgery. 2016;137(6):961e-971e. PMID : 27219265.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Seul un bilan personnalisé permet de déterminer la conduite à tenir selon votre traitement et votre état de santé.
