Graisse après cryolipolyse : où elle part, et ce que le sang en dit

C’est la question que tout le monde pose avant de s’allonger sous l’appareil, et rarement celle à laquelle on répond précisément. La graisse ne s’évapore pas et ne part pas dans les urines. Ce qui lui arrive est un mécanisme biologique lent, mesurable, et dont on connaît assez bien les effets sur le reste du corps.

Ce que le froid fait à une cellule graisseuse

Le principe repose sur une particularité des cellules graisseuses : leurs lipides se solidifient à une température encore bien supérieure à celle où l’eau des tissus gèle. Un refroidissement contrôlé de la peau et du tissu sous-cutané abîme donc préférentiellement ces cellules-là, en laissant intacts les nerfs, les vaisseaux et la peau qui les entourent.

Une revue systématique publiée dans le Journal of Cosmetic Dermatology décrit la suite en trois temps : le refroidissement localisé provoque une inflammation du tissu graisseux appelée panniculite, cette inflammation entraîne la mort des cellules graisseuses par apoptose, et il en résulte une diminution du tissu adipeux dans la zone traitée. L’apoptose n’est pas une destruction brutale, c’est une mort cellulaire programmée, celle que le corps utilise en permanence pour renouveler ses tissus.

Par où le corps évacue, et en combien de temps

Une fois les cellules mortes, elles ne disparaissent pas d’un coup. Ce sont les cellules chargées du nettoyage de l’organisme qui viennent les résorber sur place, progressivement, et acheminent leur contenu par la circulation vers les voies métaboliques habituelles des graisses. C’est exactement le chemin que suit n’importe quelle graisse mobilisée par l’organisme, à ceci près qu’il est ici étalé sur plusieurs semaines.

Cette lenteur explique le principal malentendu sur la technique. Personne ne ressort transformé de la séance, et il ne se passe rien de spectaculaire la semaine suivante. Le résultat s’installe pendant que le corps fait ce travail de résorption, ce qui demande de la patience et rend toute évaluation prématurée trompeuse.

Ce que le bilan sanguin montre, et c’est la vraie réponse

La crainte la plus répandue est que cette graisse aille encombrer le sang ou le foie. C’est précisément ce qui a été mesuré. La même revue systématique relève que l’amélioration du bilan lipidique et des enzymes du foie observée dans certaines études venait du programme alimentaire associé, et non de la technique : appliquée seule, la cryolipolyse ne produit pas cet effet.

Une étude publiée dans la revue Biology va dans le même sens en mesurant directement le bilan de vingt-quatre femmes de vingt à cinquante-neuf ans, à trois reprises après le traitement. Ni la composition corporelle, ni le bilan lipidique, ni les marqueurs de l’inflammation n’avaient été modifiés. Autrement dit, la quantité de graisse en jeu est trop faible, et son évacuation trop étalée dans le temps, pour déplacer une seule ligne d’une prise de sang.

La nuance sur les zones multiples traitées le même jour

Cette même étude a comparé un groupe traité sur le ventre seul et un groupe traité sur le ventre et les flancs. Le second groupe présentait une élévation de deux marqueurs de peroxydation lipidique, la myéloperoxydase et le malondialdéhyde, ce dernier étant redevenu comparable aux autres groupes au bout de trente jours.

Il faut lire ce résultat pour ce qu’il est. Il s’agit de marqueurs biologiques, sans traduction clinique observée, dans une étude de petite taille. Ce n’est pas un signal d’alarme, et cela ne dit pas qu’il faut traiter une seule zone. Cela dit simplement que multiplier les zones sur une même séance n’est pas un geste anodin sur le plan biologique, et que le nombre de zones se décide en consultation en fonction de l’indication, pas du tarif dégressif.

Ce que cela change en pratique, et à quel prix

La conséquence utile est celle-ci : les cellules détruites ne se reconstituent pas, mais celles qui restent gardent toute leur capacité à grossir. Un résultat obtenu sur le ventre ne protège donc de rien si le poids augmente ensuite. C’est la raison pour laquelle cette technique traite une graisse localisée qui résiste, chez une personne dont le poids est stable, et n’est en aucun cas un traitement de l’excès de poids.

En médecine esthétique à Rouen, la cryolipolyse à Rouen est facturée 250 € pour une zone, 460 € pour deux zones traitées dans la même séance, 630 € pour trois et 760 € pour quatre, chaque zone supplémentaire ajoutant 180 €, et une nouvelle séance sur la même zone à trois mois bénéficiant d’une réduction de 15 %. La consultation initiale est à 40 €, déduite du soin si le traitement est réalisé. Elle sert d’abord à vérifier que la graisse visée est bien celle que le froid peut atteindre.

FAQ : graisse après cryolipolyse

Les cellules graisseuses meurent par apoptose, puis sont résorbées sur place par les cellules chargées du nettoyage de l’organisme. Leur contenu rejoint ensuite les voies métaboliques habituelles des graisses, de façon progressive et étalée sur plusieurs semaines.

Les mesures disponibles ne retrouvent aucune modification du bilan lipidique ni des enzymes du foie après une cryolipolyse pratiquée seule. Les améliorations rapportées dans certaines études venaient du régime alimentaire qui accompagnait le traitement.

Les cellules détruites ne se reconstituent pas, mais celles qui restent peuvent grossir en cas de prise de poids. Le résultat tient donc tant que le poids reste stable, ce qui suppose de ne pas considérer la séance comme un substitut à l’équilibre alimentaire.

Plusieurs semaines, le temps que la résorption se fasse. Juger de l’effet dans les jours qui suivent la séance n’a pas de sens, et un gonflement transitoire de la zone peut même donner l’impression inverse au début.

Oui, et le cabinet le propose. Une étude a toutefois mesuré une élévation transitoire de marqueurs de peroxydation lipidique lorsque deux zones étaient traitées ensemble, sans traduction clinique. C’est une raison de décider du nombre de zones en consultation plutôt qu’en fonction du tarif.

Non. Elle réduit une épaisseur de graisse localisée, elle ne fait pas perdre de poids et ne traite pas un excès pondéral. L’indication suppose un poids stable et une zone qui résiste malgré une hygiène de vie correcte.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Resende L, Noites A, Amorim M. Application of cryolipolysis in adipose tissue: A systematic review. Journal of Cosmetic Dermatology. 2022;21(10):4122-4132. PMID : 35869825.
  • Costa ADSD, Oliveira ASDSS, Brito AKDS, et al. Cryolipolysis on More than One Body Area Increases Lipid Peroxidation without Changing Lipid Profile and Inflammatory Markers. Biology. 2022;11(12):1690. PMID : 36552200.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. La cryolipolyse suppose un examen préalable et une indication posée par un médecin.

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