Les deux techniques s’attaquent aux cellules graisseuses, et la ressemblance s’arrête là. L’une est un acte médical réalisé au cabinet, sans anesthésie. L’autre est une intervention chirurgicale. Le choix dépend moins de vos préférences que de ce que l’examen montre, la graisse à traiter et la qualité de la peau, puis du niveau de risque que vous acceptez. Nous pratiquons la première, pas la seconde, et cela ne nous empêche pas de dire quand la seconde est la bonne réponse.
Deux gestes qui n’ont pas la même échelle
La cryolipolyse applique un froid contrôlé sur un pli de graisse, à travers la peau. Les cellules graisseuses refroidies meurent, puis l’organisme les élimine progressivement. La séance dure de 45 minutes à une heure, sans anesthésie ni éviction sociale, et les activités reprennent en général le jour même. Une première évolution apparaît vers trois à quatre semaines, le résultat devient plus net entre six et douze semaines et se juge à trois mois.
La liposuccion, ou lipoaspiration, aspire la graisse à l’aide de canules introduites sous la peau. Elle se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie, avec des suites opératoires : ecchymoses, œdème, vêtement de contention, arrêt d’activité. En contrepartie, elle retire en une seule fois un volume qu’aucune technique non invasive n’atteint.
Ce que la cryolipolyse retire réellement
Une méta-analyse publiée en 2025 dans Obesity Reviews a regroupé 30 études et 3 158 participants. Douze semaines après le traitement, le tour de ventre avait diminué de 3,56 cm en moyenne, et l’épaisseur de graisse mesurée au-dessus de la hanche, la zone des poignées d’amour, de 5,22 mm. Le taux de satisfaction atteignait 80,4 %.
Ces chiffres disent deux choses. La technique fonctionne, et elle travaille en centimètres. Elle affine un bourrelet localisé chez une personne dont le poids est stable ; elle ne remplace pas une perte de poids globale. Les effets indésirables relevés par la même analyse sont fréquents mais mineurs : engourdissement dans 49,5 % des cas, rougeur dans 44,5 %, œdème dans 30,5 %, douleur dans 28,8 %.
Ce que la liposuccion apporte, et ce qu’elle engage
La liposuccion reste la référence quand le volume est important ou réparti sur plusieurs zones : elle retire la graisse au lieu d’attendre que le corps l’élimine, et le chirurgien sculpte la zone pendant l’intervention. C’est aussi une chirurgie, avec les risques d’une chirurgie.
Une étude de l’Aesthetic Surgery Journal a analysé 31 010 liposuccions réalisées entre 2008 et 2013. Pratiquée seule, l’intervention s’accompagnait de 0,7 % de complications majeures, c’est-à-dire imposant un passage aux urgences, une hospitalisation ou une réintervention dans les trente jours. Les plus fréquentes étaient l’hématome (0,15 %), la complication pulmonaire (0,1 %), l’infection (0,1 %) et l’accident thromboembolique veineux (0,06 %). Le risque était multiplié par 4,81 quand elle était associée à une autre chirurgie, et il augmentait avec l’âge et l’indice de masse corporelle. Un geste sûr entre des mains entraînées, mais pas un geste anodin.
Les trois critères qui décident
La graisse d’abord. Un bourrelet que l’on pince entre deux doigts, sur le ventre, les poignées d’amour, la culotte de cheval ou sous le menton, chez une personne au poids stable : c’est l’indication du froid. Un volume important, plusieurs zones à la fois ou le souhait d’un résultat marqué en une seule intervention relèvent de la chirurgie. Un ventre rond et ferme, impossible à pincer, correspond à une graisse profonde, située derrière les muscles : ni le froid ni la canule ne l’atteignent, seule la perte de poids agit.
La peau ensuite. Aucune des deux techniques ne retend une peau relâchée. Un ventre qui tombe après une grossesse ou un amaigrissement tient autant à la peau et aux muscles qu’à la graisse.
Le risque enfin, et ce critère vous appartient : une anesthésie et un arrêt d’activité pour un résultat rapide et marqué, ou aucune éviction pour un résultat modéré, différé de trois mois.
Comment la décision se prend au cabinet
Au NY Center, centre de médecine esthétique à Rouen, tout commence par une consultation à 40 euros, déduite du soin s’il est réalisé. Nous mesurons le pli, examinons la peau et vérifions les contre-indications : grossesse, hernie non traitée, maladies liées au froid comme le phénomène de Raynaud ou la cryoglobulinémie.
Si l’indication est bonne, une à trois séances sont indiquées selon le volume initial et la réponse. Le résultat se juge à trois mois, et une séance supplémentaire sur la même zone bénéficie alors d’une remise de 15 %. Si le volume dépasse ce que le froid peut faire, nous vous le disons et nous vous orientons vers un chirurgien plasticien. La cryolipolyse ne remplace pas la liposuccion : elle évite une chirurgie à ceux qui n’en avaient pas besoin.
FAQ : cryolipolyse ou liposuccion
Est-ce que la cryolipolyse marche vraiment ?
Oui, sur un amas graisseux localisé. La méta-analyse citée dans cet article, qui porte sur 3 158 participants, retrouve en moyenne 3,56 cm de tour de ventre en moins à douze semaines. Elle ne traite ni un surpoids ni une peau relâchée.
Où va la graisse après une cryolipolyse ?
Les cellules graisseuses détruites par le froid sont éliminées progressivement par l’organisme, sur plusieurs semaines. La graisse ne part pas dans les urines, et c’est ce délai qui explique que le résultat se juge à trois mois.
La graisse revient-elle après une cryolipolyse ou une liposuccion ?
Les cellules graisseuses détruites ou retirées ne reviennent pas. Celles qui restent peuvent en revanche grossir en cas de prise de poids, dans la zone traitée comme ailleurs. Aucune des deux techniques ne dispense de stabiliser son poids.
Quels sont les inconvénients de la cryolipolyse ?
Un résultat modéré et différé, parfois une deuxième séance, et des suites fréquentes mais passagères : rougeur, sensibilité, engourdissement. L’hyperplasie adipeuse paradoxale, une augmentation de volume de la zone traitée, est rare mais doit être connue avant de se décider.
Quelle est la meilleure solution pour enlever la graisse du ventre ?
Tout dépend de la graisse. Localisée et facile à pincer, elle relève de la cryolipolyse. Volumineuse, de la liposuccion. Profonde, derrière les muscles, elle ne répond qu’à la perte de poids. Et si la peau est en excès, c’est une plastie abdominale qui se discute avec un chirurgien.
Combien de séances de cryolipolyse faut-il ?
Une à trois selon le volume initial et la réponse de la zone. On attend trois mois avant de juger le résultat et de décider d’une séance supplémentaire au même endroit.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Ravindran R, Pizzol D, Rahmati M, et al. Cryolipolysis and associated health outcomes, adverse events, and satisfaction: A systematic review and meta-analysis. Obesity Reviews. 2025;26(8):e13925. PMID : 40211915.
- Kaoutzanis C, Gupta V, Winocour J, et al. Cosmetic Liposuction: Preoperative Risk Factors, Major Complication Rates, and Safety of Combined Procedures. Aesthetic Surgery Journal. 2017;37(6):680-694. PMID : 28430878.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le choix entre un traitement médical et une intervention chirurgicale repose sur un examen clinique ; les chiffres cités sont des moyennes issues d’études et ne prédisent pas un résultat individuel.
