Acide hyaluronique et radiofréquence : le délai à respecter entre les deux

La question revient souvent en consultation : « J’ai eu des injections, si je fais du Sofwave ou de la radiofréquence, mon produit va-t-il fondre ? » La crainte n’est pas absurde, car ces appareils agissent par la chaleur et l’acide hyaluronique est un gel qui ne l’aime pas. Mais des études ont mesuré ce qui se passe vraiment, et leur réponse tient moins au choix de l’appareil qu’au délai entre les deux gestes.

Pourquoi la question se pose

L’acide hyaluronique injecté est un gel posé dans le derme ou plus en profondeur selon la zone. La radiofréquence et les ultrasons, eux, chauffent le derme pour faire se rétracter le collagène et en relancer la production. Le Sofwave concentre sa chaleur à une profondeur proche de 1,5 millimètre, dans le derme moyen ; la radiofréquence fractionnée la dépose au bout de micro-aiguilles qui traversent la peau.

Sur le papier, un gel encore frais placé sur le trajet de cette chaleur peut en souffrir. Tout dépend donc de deux choses : la profondeur du produit et le temps qu’on lui a laissé pour s’intégrer aux tissus. Un gel posé au contact de l’os, sous une pommette, est loin de la zone chauffée ; un skin booster injecté dans le derme se trouve sur son passage.

Ce que les études ont mesuré au microscope

Une étude publiée dans le Journal of Cosmetic Dermatology a injecté de l’acide hyaluronique dans la peau du ventre de 14 volontaires, puis appliqué une radiofréquence le jour même, à 14 jours et à 28 jours, sur des zones distinctes. Les biopsies à huit semaines montrent une perte de produit chez 36 pour cent des participants quand la radiofréquence avait eu lieu le jour même, contre 7 pour cent à 14 jours comme à 28 jours.

La même équipe a répété l’expérience avec des ultrasons focalisés réglés à 1,5 millimètre, chez 13 sujets analysés. La perte touchait 54 pour cent d’entre eux quand les ultrasons étaient appliqués une heure après l’injection, et encore 46 pour cent à deux semaines. À quatre semaines, la différence n’était plus significative, et aucune inflammation ni aucun granulome n’a été observé. Une troisième étude, sur de la peau retirée lors d’une chirurgie du ventre, précise le mécanisme : quatre lasers fractionnés n’ont pas modifié le gel, alors que la radiofréquence à micro-aiguilles l’a abîmé le long du trajet des aiguilles.

Ce que l’on voit dans le miroir

Une perte au microscope ne se traduit pas forcément par une perte visible. Dans un essai publié dans Dermatologic Surgery, 36 patients ont reçu de l’acide hyaluronique dans les deux sillons nasogéniens, puis un laser, une radiofréquence ou une lumière pulsée immédiatement après, d’un seul côté. À aucun moment du suivi, la sévérité de la ride et l’appréciation esthétique globale ne différaient entre les deux côtés.

Ces travaux ont leurs limites : de petits effectifs, de la peau du ventre pour les deux études récentes, un gel injecté près de la surface, et aucun n’a testé le Sofwave lui-même. Ils justifient non pas l’alarme mais une règle d’ordre simple.

Ce que la radiofréquence ne fait pas

Elle ne dissout pas un produit à la demande. La perte mesurée est partielle et varie d’un patient à l’autre : la radiofréquence n’est donc pas un moyen de corriger une injection jugée excessive ou une petite boule sous la peau.

Elle ne remplace pas non plus le volume. La chaleur resserre modérément la peau et en affine le grain, elle ne comble ni une tempe creusée ni un sillon profond. À l’inverse, l’acide hyaluronique soutient et comble, il ne retend pas une peau relâchée. Le duo acide hyaluronique et radiofréquence fonctionne parce que chacun fait ce que l’autre ne fait pas.

L’ordre et le délai au NY Center

La règle tient en une phrase : l’appareil d’abord, l’injection ensuite. Quand les deux gestes sont prévus, on commence par la séance de lifting médical Sofwave ou de radiofréquence fractionnée, puis on injecte une fois la rougeur passée. Si l’injection a déjà été faite, on attend quatre semaines avant de traiter la même zone : c’est le délai au-delà duquel les deux études ne retrouvent plus qu’une perte marginale ou non significative.

La radiofréquence fractionnée à micro-aiguilles se fait en trois à quatre séances à un mois d’intervalle, à 390 euros la séance sur le visage entier ou 1 050 euros les trois : les injections se placent après la dernière. Le Sofwave, en une séance le plus souvent, est à 1 290 euros pour le visage entier, et l’acide hyaluronique à 290 euros la seringue. La consultation à 40 euros, déduite du soin, sert à établir ce calendrier selon ce qui a déjà été injecté, où et quand.

FAQ : acide hyaluronique et radiofréquence

Pas à coup sûr, mais elle peut en faire perdre une partie si elle arrive trop tôt. Dans une étude, une radiofréquence appliquée le jour de l’injection entraînait une perte de produit chez 36 pour cent des volontaires, contre 7 pour cent quand elle était faite 14 ou 28 jours après.

Quatre semaines sur la zone injectée : à partir de ce délai, les études ne retrouvent plus qu’une perte marginale ou non significative du produit. Dans l’ordre inverse, appareil d’abord, l’injection peut suivre une fois la rougeur passée.

Oui, en respectant le même délai de quatre semaines sur la zone injectée. Le Sofwave chauffe le derme à une profondeur proche de 1,5 millimètre, celle où des ultrasons focalisés ont fait perdre du produit chez près d’un sujet sur deux pendant les deux premières semaines.

C’est possible dans cet ordre, l’appareil puis l’injection, jamais l’inverse. Au cabinet, on préfère en général espacer les gestes plutôt que de les empiler le même jour, pour juger chaque résultat et mieux contrôler les suites.

Pendant 48 à 72 heures : pas de massage de la zone, pas de sport intense, de sauna ni d’exposition aux UV, et un maquillage léger seulement après 12 heures. Pour les appareils qui chauffent la peau, radiofréquence ou ultrasons, on attend quatre semaines sur la zone injectée.

Moins. Sur de la peau prélevée en chirurgie, quatre lasers fractionnés n’ont pas modifié le gel, contrairement à la radiofréquence à micro-aiguilles, et dans un essai sur 36 patients un laser fait juste après l’injection n’a pas changé le résultat. Chaque soin garde toutefois ses propres délais de cicatrisation.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Jurairattanaporn N, Amornpetkul W, Rutnin S, Vachiramon V. The effect of combined hyaluronic acid filler injection and radiofrequency treatment: A clinic histological analysis. Journal of Cosmetic Dermatology. 2023;22(3):798-803. PMID : 36374532.
  • Vachiramon V, Rutnin S, Patcharapojanart C, Chittasirinuvat N. The effect of combined of hyaluronic acid dermal filler and microfocused ultrasound treatment: A clinicopathological study. Journal of Cosmetic Dermatology. 2023;22(3):792-797. PMID : 36374232.
  • Hsu SH, Chung HJ, Weiss RA. Histologic Effects of Fractional Laser and Radiofrequency Devices on Hyaluronic Acid Filler. Dermatologic Surgery. 2019;45(4):552-556. PMID : 30570514.
  • Goldman MP, Alster TS, Weiss R. A randomized trial to determine the influence of laser therapy, monopolar radiofrequency treatment, and intense pulsed light therapy administered immediately after hyaluronic acid gel implantation. Dermatologic Surgery. 2007;33(5):535-542. PMID : 17451575.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Les délais indiqués s’appuient sur des études de petite taille : seul un examen permet de planifier l’ordre des soins selon les produits déjà injectés, leur profondeur et leur date.

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