L’acné est passée depuis longtemps, mais le relief est resté. C’est souvent le moment où les crèmes achetées en pharmacie déçoivent le plus, et pour une raison simple : elles s’adressent à la surface d’une peau dont le problème se situe plusieurs millimètres plus bas.
Une cicatrice n’est pas une tache
Deux choses très différentes se confondent sous le mot cicatrice. Les marques rouges ou brunes laissées par un bouton récent sont des séquelles de couleur : elles s’estompent seules en quelques mois, plus vite avec une protection solaire stricte. Les vraies cicatrices sont des séquelles de relief, un creux ou une bosse, et celles-là ne partent jamais spontanément.
Les creux se répartissent en trois familles que les dermatologues distinguent depuis longtemps : les cicatrices en pic à glace, étroites et profondes comme un coup d’aiguille ; les cicatrices en cuvette, à bords nets et fond plat ; et les cicatrices ondulantes, larges et peu profondes, qui donnent à la joue un aspect de vague en lumière rasante. Elles ne répondent pas toutes de la même façon, et c’est la première chose qu’un examen doit établir.
Pourquoi aucune crème ne comble un creux
Une cicatrice atrophique correspond à une perte de substance dans le derme, avec un collagène désorganisé et une adhérence de la peau aux plans profonds. Le déficit se situe donc sous l’épiderme, là où aucune application locale ne pénètre en quantité utile.
Ce que les soins de surface font réellement, et c’est déjà utile, c’est améliorer la couleur, lisser légèrement la texture et éviter que de nouvelles lésions ne s’ajoutent. Ils ne remontent pas un fond de cuvette. Toute promesse contraire sur un emballage se juge à cette aune.
Ce que montre la radiofréquence à micro-aiguilles
Le principe consiste à créer des micro-lésions contrôlées dans le derme et à y délivrer de la chaleur, ce qui déclenche un remodelage et une synthèse de collagène. Une étude prospective publiée dans le Journal of Cutaneous and Aesthetic Surgery a suivi quarante-quatre patients de 18 à 55 ans, de phototypes III à V, traités par quatre séances espacées de trois semaines et revus un mois après la dernière.
Avant traitement, 42,5 pour cent des patients étaient classés au grade 3 et 42,5 pour cent au grade 4 de l’échelle de Goodman et Baron. À la fin du suivi, 60 pour cent se situaient au grade 2 et 12,5 pour cent au grade 1, l’amélioration étant statistiquement significative. Un gain d’un à deux grades, donc, pas une disparition.
Ce que les études ne montrent pas
Une méta-analyse parue dans Aesthetic Plastic Surgery a réuni douze essais randomisés et 414 participants pour comparer le microneedling à d’autres traitements. Le microneedling sans radiofréquence obtient une amélioration objective significative des cicatrices. En revanche, dans ce même travail, les protocoles avec radiofréquence fractionnée n’atteignent pas le seuil de significativité, et la satisfaction déclarée ne diffère pas nettement d’un traitement à l’autre.
Autrement dit, la technologie la plus sophistiquée n’est pas automatiquement la plus démontrée, et il serait malhonnête de vendre la radiofréquence comme supérieure sur la foi des seules brochures. Ce que ces travaux établissent, c’est que les micro-aiguilles agissent ; la hiérarchie entre les variantes reste ouverte.
Ce qui se fait au cabinet, et la limite à connaître
Le peeling superficiel et microneedling à Rouen s’adresse aux cicatrices superficielles et à l’irrégularité de texture, à 180 € la séance et 590 € le forfait de quatre. La radiofréquence fractionnée va plus profond : le tiers inférieur du visage est à 300 €, le visage entier à 390 €, et les cures de trois séances à 810 € et 1 050 €. Le protocole habituel compte trois à quatre séances espacées d’un mois, après une consultation à 40 €.
Deux réserves, enfin. Il faut que l’acné soit stabilisée avant de traiter les séquelles, sinon on répare pendant que de nouvelles lésions se forment. Et les cicatrices en pic à glace, les plus étroites et les plus profondes, répondent mal aux micro-aiguilles seules : elles relèvent de gestes ciblés que nous ne pratiquons pas tous, ce qui se dit en consultation plutôt qu’après quatre séances sans résultat.
FAQ : cicatrices d’acné
Comment faire disparaître les cicatrices d’acné ?
On les atténue, on ne les fait pas disparaître. Les travaux publiés rapportent un gain d’un à deux grades sur les échelles de sévérité, ce qui change nettement l’aspect en lumière naturelle sans rendre la peau identique à celle d’avant l’acné.
Quelle est la meilleure crème contre les cicatrices d’acné ?
Aucune crème ne comble un creux, parce que la perte de substance se situe dans le derme. Une crème bien choisie agit sur la couleur des marques récentes et sur la qualité de surface, ce qui est utile mais ne relève pas du même problème.
Quel est le meilleur traitement ?
Cela dépend du type de cicatrice. Les creux larges et peu profonds répondent le mieux aux micro-aiguilles, les cicatrices en pic à glace beaucoup moins. C’est l’examen qui oriente, pas la réputation d’un appareil.
Combien de séances faut-il ?
L’étude citée reposait sur quatre séances espacées de trois semaines. Au cabinet, le protocole habituel compte trois à quatre séances à un mois d’intervalle, avec un résultat qui continue d’évoluer plusieurs mois après la dernière.
Faut-il attendre que l’acné soit finie ?
Oui. Traiter des séquelles pendant que de nouvelles lésions apparaissent revient à réparer une route encore en travaux. La stabilisation de l’acné est un préalable, et elle relève d’un traitement médical.
Les marques rouges partiront-elles seules ?
En général oui, en quelques mois, à condition de protéger la zone du soleil. Ce sont des séquelles de couleur et non de relief. C’est le creux qui reste, pas la rougeur.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Navyadevi U, Ganni S, Satya S, et al. Efficacy and safety of microneedling radiofrequency in acne scars. Journal of Cutaneous and Aesthetic Surgery. 2024;17(4):315-319. PMID : 39649759.
- Shen YC, Chiu WK, Kang YN, Chen C. Microneedling Monotherapy for Acne Scar: Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Aesthetic Plastic Surgery. 2022;46(4):1913-1922. PMID : 35426044.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le type de cicatrice conditionne le résultat : seul un examen permet de dire ce qui est atteignable dans votre cas.
