Douleur des injections d’acide hyaluronique : zone par zone, et ce qui la réduit vraiment

C’est la première question posée en consultation, et la réponse honnête n’est ni « pas du tout » ni « beaucoup ». Une injection d’acide hyaluronique se sent, brièvement, et l’intensité dépend surtout de la zone traitée. Voici ce que l’on ressent réellement, ce que l’anesthésique contenu dans le gel change, et la seule douleur qui doit faire décrocher le téléphone.

Ce que l’on sent pendant la séance

Le geste se décompose en deux sensations distinctes. Le passage de l’aiguille ou de la canule à travers la peau donne une piqûre brève, comparable à une prise de sang. Puis vient la mise en place du produit, qui se traduit par une pression, une sensation d’étirement ou de chaleur, rarement par une vraie douleur. La séance dure une vingtaine de minutes, et ces sensations ne durent, elles, que quelques secondes par point.

Avant l’injection, la peau est démaquillée et désinfectée, et une anesthésie locale est mise en place pour le confort. Les gels d’acide hyaluronique utilisés contiennent en outre un anesthésique local, ce qui explique que les derniers points d’une zone soient presque toujours moins sensibles que les premiers.

Zone par zone, ce qui fait le plus mal

Les lèvres arrivent largement en tête : la muqueuse est l’une des zones les plus innervées du visage, et c’est la seule pour laquelle les patients décrivent parfois une douleur nette plutôt qu’une gêne. Le nez et la zone autour de la bouche suivent, avec une sensibilité marquée mais brève.

À l’opposé, les pommettes, l’ovale du visage et le menton sont traités en profondeur, sur un plan osseux, avec une canule : la sensation dominante y est la pression, pas la piqûre. Les cernes et les sillons se situent entre les deux. Cette hiérarchie est stable d’un patient à l’autre, même si le seuil de chacun varie, et elle sert à organiser la séance en commençant par les zones les moins sensibles.

Ce que l’anesthésique dans le gel change, chiffres à l’appui

Une étude publiée dans le Journal of Cosmetic Dermatology a comparé, chez soixante-deux patients, un gel d’acide hyaluronique contenant 0,3 pour cent de lidocaïne et le même gel sans lidocaïne, chacun injecté d’un côté du visage, sans que le patient sache lequel était lequel.

Résultat : 95,2 pour cent des patients ont trouvé le côté avec lidocaïne moins douloureux, avec un écart moyen de 38,6 millimètres sur une échelle visuelle de cent. L’effet persiste après la séance, mais diminue vite : un quart d’heure plus tard, 67,7 pour cent des patients ressentaient encore moins de douleur du côté traité avec lidocaïne, contre 21 pour cent au bout d’une heure. L’efficacité du comblement et la tolérance, elles, étaient identiques des deux côtés.

Aiguille ou canule : ce que cela change

La canule est un instrument à bout mousse, introduit par un point d’entrée unique, qui écarte les tissus au lieu de les couper. Elle limite le nombre de points de ponction et la sensation de piqûre sur les grandes zones. L’aiguille reste préférée quand il faut une précision maximale dans le derme, pour une ride fine par exemple.

Le choix ne se fait pas qu’au confort. Une étude anatomique parue dans Aesthetic Surgery Journal a comparé les deux instruments sur des sujets anatomiques : la canule place le produit de façon plus précise, alors qu’avec l’aiguille le produit remonte le long du trajet et se répartit dans plusieurs plans. Les auteurs rapportent aussi une injection intra-artérielle survenue avec l’aiguille, alors même que sa pointe était au contact de l’os. C’est l’une des raisons pour lesquelles la canule est privilégiée sur les zones profondes.

La douleur qui doit alerter, et ce que cela coûte

Une sensibilité au toucher, une tension et de petits bleus pendant deux à cinq jours sont attendus. Ce qui ne l’est pas : une douleur qui augmente au lieu de s’estomper dans les heures qui suivent, surtout si elle s’accompagne d’une zone qui blanchit, se marbre de violet, ou d’un trouble de la vision. Ces signes évoquent une atteinte vasculaire et imposent de rappeler le cabinet sans attendre, le délai se compte en heures.

Côté budget, la consultation initiale est à 40 €, déduite du soin si un traitement est réalisé. Une seringue d’acide hyaluronique est à 290 €, deux à 520 €, et le remodelage des lèvres à 320 € la seringue. La grille complète est sur la page des tarifs.

FAQ : douleur des injections

Elle se sent, sans être douloureuse dans la majorité des zones : une piqûre brève puis une sensation de pression. Les lèvres font exception et restent la zone la plus sensible du visage.

Une anesthésie locale est mise en place avant le geste, et les gels utilisés contiennent eux-mêmes un anesthésique local. C’est ce qui rend les derniers points d’une zone moins sensibles que les premiers.

La gêne vive disparaît en quelques minutes. Une sensibilité au toucher et une tension peuvent persister deux à cinq jours, surtout sur les lèvres, et s’atténuent seules.

Le paracétamol convient en première intention. Aucun autre médicament ne doit être pris sans avis médical avant ou après une injection, certains augmentant le risque de bleus.

Elle réduit le nombre de points de ponction sur les grandes zones et la sensation de piqûre. Son intérêt principal reste cependant la précision et la sécurité, pas seulement le confort.

Non. Une douleur croissante, une zone qui blanchit ou se marbre, ou un trouble de la vision dans les heures qui suivent imposent de rappeler le cabinet immédiatement.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Choi SY, Han HS, Yoo KH, Lee JS, Kim BJ, Lee YW. Reduced pain with injection of hyaluronic acid with pre-incorporated lidocaine for nasolabial fold correction. Journal of Cosmetic Dermatology. 2020;19(12):3229-3233. PMID : 32416026.
  • van Loghem JAJ, Humzah D, Kerscher M. Cannula Versus Sharp Needle for Placement of Soft Tissue Fillers: An Observational Cadaver Study. Aesthetic Surgery Journal. 2017;38(1):73-88. PMID : 27986754.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. La technique, l’instrument et l’anesthésie sont choisis lors de l’examen préalable, en fonction de la zone et du produit utilisé.

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