Enlever les bajoues sans chirurgie : ce qui marche vraiment

Les bajoues sont l’un des rares signes du vieillissement qui se voient mieux sur une photo de profil que dans le miroir. On les découvre souvent d’un coup, et la première question qui vient est de savoir si l’on peut s’en débarrasser sans passer par un lifting. La réponse dépend entièrement de ce qui les a fait apparaître, parce que sous le même mot se cachent trois mécanismes différents qui n’appellent pas du tout les mêmes gestes.

Ce qu’on appelle vraiment des bajoues

La bajoue n’est pas un excès de graisse qui serait apparu de nulle part. C’est un glissement. Le visage est cloisonné en compartiments graisseux séparés par des ligaments qui les maintiennent en place. Avec le temps, ces attaches se distendent, la graisse de la joue descend et vient buter contre le ligament mandibulaire, qui la retient au-dessus de la mâchoire. Ce point d’arrêt crée le petit renflement de part et d’autre du menton et rompt la ligne nette de l’ovale. Le volume n’a pas augmenté, il s’est déplacé vers le bas.

Cette mécanique explique pourquoi les bajoues apparaissent souvent d’abord sur les photos prises de trois quarts, alors que le miroir de face ne montre presque rien. Elle explique aussi pourquoi elles se voient davantage en fin de journée, quand les tissus sont plus lourds, et pourquoi elles semblent s’effacer lorsqu’on s’allonge.

Trois causes différentes, trois réponses différentes

Chez une personne jeune et mince, la bajoue est le plus souvent une histoire de laxité : la peau et les cloisons ne retiennent plus, alors que le volume reste normal. Après cinquante ans, s’y ajoute une perte de soutien en haut du visage, aux pommettes et à la tempe, qui laisse le bas s’affaisser sans contrepoids. Chez d’autres, enfin, il existe une vraie surcharge graisseuse localisée, souvent familiale, présente depuis longtemps. Ces trois situations se traitent différemment, et c’est l’examen du visage en mouvement, debout puis allongé, qui permet de les distinguer.

Ce que les ultrasons peuvent retendre

Quand le problème est un manque de fermeté, l’objectif est de relancer la production de collagène dans le derme profond pour que la peau se rétracte. Le Sofwave délivre des ultrasons non focalisés à une profondeur constante, ce qui provoque une réaction de remodelage sans toucher les structures superficielles. Les travaux publiés sur cette technologie rapportent une amélioration de la laxité du bas du visage sur une seule séance, avec un résultat qui se construit sur deux à trois mois. Au NY Center, la zone ovale du visage, bajoues et sous-menton est tarifée 890 euros, et le traitement des bajoues commence toujours par une consultation d’évaluation.

Quand les injections sont utiles, et quand elles aggravent

L’acide hyaluronique n’efface pas une bajoue en la remplissant. Il agit en amont, en restaurant les appuis perdus aux pommettes et le long de la mâchoire, ce qui redonne une ligne et fait remonter visuellement l’ensemble. Bien placé, quelques points suffisent. Mal utilisé, c’est-à-dire injecté dans la joue déjà lourde pour tenter de lisser le creux qui borde la bajoue, il alourdit le bas du visage et accentue exactement ce qu’on voulait corriger. C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus difficile à rattraper une fois faite.

Ce qui ne marche pas, et où passe la limite

Les exercices faciaux ne remontent pas une bajoue : ils sollicitent des muscles qui ne sont pas ceux qui tiennent la graisse, et un muscle plus tonique ne recrée pas un ligament distendu. Les crèmes raffermissantes n’atteignent pas la profondeur concernée. Quant à maigrir davantage, cela creuse le haut du visage sans effacer le bas, et donne souvent un résultat plus fatigué. La limite de la médecine esthétique est franche : lorsque l’excès de peau est réel, avec un pli qui persiste quand on tend la joue, seule la chirurgie répond, et le dire est plus honnête que de multiplier les séances.

FAQ : enlever les bajoues sans chirurgie

Le facteur déterminant n’est pas l’âge mais la qualité de la peau et l’importance de l’excès cutané. Une laxité modérée répond bien aux ultrasons, quel que soit l’âge. Un relâchement franc avec de la peau en excès ne se rattrape pas sans geste chirurgical.

Un traitement par ultrasons se fait le plus souvent en une séance, dont le résultat se juge à trois mois, le temps que le collagène se réorganise. Une seconde séance peut être proposée ensuite si l’objectif n’est pas atteint.

Non, aucun traitement ne suspend le vieillissement. Le gain obtenu sur la fermeté se maintient en général un à deux ans, puis le relâchement reprend son cours. Un entretien espacé permet de conserver le bénéfice.

Les deux sont liés. Traiter la bajoue isolément sans redonner d’appui en haut du visage donne un résultat court. C’est la raison pour laquelle l’évaluation porte toujours sur l’ensemble du tiers inférieur, mâchoire et sous-menton compris.

La séance d’ultrasons est décrite comme une sensation de chaleur ponctuelle, supportable sans anesthésie dans la grande majorité des cas. Les injections se font avec un produit contenant un anesthésiant local et une canule qui limite l’inconfort.

Quand la peau ne se rétracte plus, que le pli persiste au repos et que le cou est également concerné, un lifting cervico-facial donne un résultat que la médecine esthétique ne peut pas atteindre. Un avis chirurgical est alors la bonne orientation.

Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.

Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.

Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.

Sources

  • Gold MH, Biron J. Efficacy and safety of high-intensity, high-frequency, non-focused ultrasound parallel beams for facial skin laxity. Journal of Cosmetic Dermatology. 2024;23(1):117-123. PMID : 38031530.
  • Mess SA. Lower Face Rejuvenation with Injections: Botox, Juvederm, and Kybella for Marionette Lines and Jowls. Plastic and Reconstructive Surgery Global Open. 2017;5(11):e1551. PMID : 29263958.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Seul un examen du visage permet de déterminer si des bajoues relèvent d’un manque de fermeté, d’une perte de soutien ou d’un excès cutané, et donc si un traitement sans chirurgie est indiqué.

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