Les deux se présentent dans une seringue, les deux se posent à l’aiguille ou à la canule, et les deux redonnent du volume au visage. Pourtant ce ne sont pas deux marques du même produit : l’acide hyaluronique est un gel qui comble, le Radiesse est un inducteur qui fait fabriquer du collagène. Cette différence décide de la zone, de la durée, du prix et des risques. Voici ce que disent les études comparatives, et la règle simple qui sert à choisir en consultation.
Deux produits, deux façons d’agir
L’acide hyaluronique est une molécule que la peau fabrique déjà. Injecté sous forme de gel réticulé, il occupe l’espace et attire l’eau : le volume est là dès la fin de la séance, il se résorbe ensuite en quelques mois. On le choisit quand on veut une correction précise, visible tout de suite, et modulable.
Le Radiesse contient des microsphères d’hydroxyapatite de calcium, un minéral présent dans l’os, portées par un gel. Le gel donne un premier comblement, puis les microsphères servent d’échafaudage : les cellules du derme s’y accrochent et produisent du collagène pendant plusieurs semaines. Le résultat définitif se juge à deux ou trois mois, et il tient par du tissu propre, pas seulement par du produit.
Ce que montre l’étude comparative
Un essai randomisé multicentrique publié dans Dermatologic Surgery a suivi 205 patients traités sur les sillons nasogéniens, soit avec de l’hydroxyapatite de calcium, soit avec l’un de trois acides hyaluroniques, avec une retouche à quatre mois puis un suivi sur un an. À huit mois, la proportion de sillons encore améliorés était significativement plus élevée côté hydroxyapatite, et la satisfaction des patients aussi.
Le détail qui compte : il avait fallu 2,2 ml d’hydroxyapatite contre 2,9 à 4,8 ml d’acide hyaluronique pour obtenir la correction. Aucun effet indésirable grave n’a été observé dans les deux groupes. Sur une zone profonde et peu mobile, le Radiesse fait donc plus longtemps avec moins de produit.
Les zones de chacun, et celles qu’on ne mélange pas
Le Radiesse travaille là où il faut du soutien : l’ovale et la ligne de la mâchoire, les tempes, le menton, le dos des mains, et, dilué, la qualité de la peau d’un cou ou d’un décolleté. L’acide hyaluronique garde les zones fines et mobiles où l’on veut de la souplesse et une correction au millimètre : les lèvres, les cernes, les sillons, le nez.
Cette répartition n’est pas une question de goût. Le Radiesse ne s’injecte ni dans les lèvres ni autour des yeux, parce que ses microsphères peuvent y former des nodules visibles sur une peau fine et très mobile. Un médecin qui le propose sur ces zones propose un mauvais produit au bon endroit.
Les effets secondaires, chiffrés
Une revue publiée dans le Journal of Cosmetic Dermatology a compilé 21 études, soit 5 081 traitements à l’hydroxyapatite de calcium chez 2 779 patients. Elle recense 173 effets indésirables, soit 3 pour cent des traitements, dont 96 pour cent étaient des nodules. La moitié de ces nodules concernait des zones mobiles, et la plupart n’étaient pas visibles et ont disparu sans traitement. Rougeur, gonflement et bleus des premiers jours sont communs aux deux produits.
Il reste une différence de fond. En cas d’injection accidentelle dans un vaisseau, l’acide hyaluronique peut être dissous en urgence par l’hyaluronidase ; le Radiesse ne se dissout pas. C’est la raison pour laquelle on le réserve aux zones les plus sûres, à la canule, en profondeur, par un médecin formé à son anatomie. C’est aussi ce qui fait que l’on commence rarement par lui chez une personne qui n’a jamais été injectée.
Comment on choisit au NY Center
La règle est courte : si le problème est un creux ou un trait précis, c’est l’acide hyaluronique ; si le problème est une peau qui perd son soutien, un ovale qui se dessine moins, des mains qui laissent voir les tendons, c’est le Radiesse. Les deux se combinent souvent, chacun à sa place, et aucun des deux ne remplace un lifting quand le relâchement est installé.
Côté tarifs, la seringue d’acide hyaluronique est à 290 euros, celle de Radiesse à 390 euros, avec des forfaits dégressifs pour deux ou trois seringues. Rapporté à la durée et au volume nécessaire, l’écart se réduit sur l’ovale et les mains. La consultation à 40 euros, déduite du soin, sert à poser l’indication avant de parler de produit.
FAQ : Radiesse ou acide hyaluronique
Quelle est la différence entre le Radiesse et l’acide hyaluronique ?
L’acide hyaluronique est un gel qui comble et attire l’eau, avec un résultat immédiat et temporaire. Le Radiesse contient des microsphères d’hydroxyapatite de calcium qui font produire du collagène : comblement partiel tout de suite, résultat complet à deux ou trois mois, soutien plus durable.
Le Radiesse dure-t-il plus longtemps que l’acide hyaluronique ?
Dans l’essai comparatif sur 205 patients, l’hydroxyapatite de calcium maintenait mieux la correction des sillons à huit mois, avec moins de produit injecté. En pratique, on compte en général plus d’un an sur l’ovale et les mains, contre 6 à 18 mois pour l’acide hyaluronique selon la zone.
Quels sont les inconvénients du Radiesse ?
Il ne se dissout pas, il ne s’injecte ni dans les lèvres ni autour des yeux, et son résultat final demande deux à trois mois. Les nodules sont l’effet indésirable le plus fréquent, surtout en zone mobile, le plus souvent invisibles et résolutifs.
Quels sont les effets secondaires du Radiesse ?
Rougeur, gonflement et bleus les premiers jours, comme pour tout injectable. Dans une revue de 5 081 traitements, 3 pour cent d’effets indésirables ont été rapportés, presque tous des nodules.
Peut-on injecter du Radiesse dans les lèvres ou les cernes ?
Non. Ces zones fines et mobiles exposent aux nodules visibles. Elles relèvent de l’acide hyaluronique, qui y reste souple et peut être dissous si nécessaire.
Combien coûte une injection de Radiesse ?
Au NY Center, 390 euros la seringue de Radiesse, 700 euros les deux et 950 euros les trois, contre 290 euros la seringue d’acide hyaluronique. La consultation à 40 euros est déduite du soin.
Article rédigé par l’équipe médicale du NY Center, Rouen.
Dr Nathan Yadun, médecin laseriste et médecin esthétique, diplômé du DIU Européen des lasers médicaux (Faculté de médecine Paris Descartes), membre du CNME, du SNME et de l’AFME, plus de 20 ans d’expérience en médecine esthétique et laser. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/11320 – RPPS 10001965929. Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/dr-nathan-yadun-051a455b.
Dr Flavien Barbier, médecin esthétique et laseriste, titulaire d’un DES de médecine générale (Faculté de médecine de Rouen) et du DU « Les lasers médicaux à visée esthétique » (Université Paris Cité), membre de la SOFMMAA, du SNME et du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique. Ordre des Médecins de la Seine-Maritime N°76/15242 – RPPS 10101612454.
Sources
- Moers-Carpi M, Vogt S, Santos BM, Planas J, Vallve SR, Howell DJ. A multicenter, randomized trial comparing calcium hydroxylapatite to two hyaluronic acids for treatment of nasolabial folds. Dermatologic Surgery. 2007;33 Suppl 2:S144-S151. PMID : 18086052.
- Kadouch JA. Calcium hydroxylapatite: A review on safety and complications. Journal of Cosmetic Dermatology. 2017;16(2):152-161. PMID : 28247924.
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le choix du produit injectable se décide après examen du visage, zone par zone, par le médecin qui réalise l’injection.
